Notre site web a de nouvelles fonctionnalités ! Our website has new features!

Retrouvez dès à présent :
– Une page dédiée à nos engagements, comme :
o Élaborer avec vous la meilleure stratégie pour votre dossier ;
o Répondre sous 48 heures maximum, hors week-end et jours fériés (car nous avons besoin aussi de recharger les batteries) ;
– Une plateforme de questions ouvertes afin de vous aider à résoudre vos problèmes juridiques ;
– Un espace consacré à vos commentaires sur votre expérience avec nous et la façon dont votre dossier a été traité, dans le respect de la confidentialité, seules vos initiales étant notées.
Find now:
– A page dedicated to our commitments, such as:
o Develop with you the best strategy for your case;
o Reply within 48 hours maximum, excluding weekends and holidays (because we also need to recharge the batteries);
– A platform of open questions to help you solve your legal problems;
– A space dedicated to your comments on your experience with us and the way your file has been treated, respecting confidentiality, only your initials being noted.
 
Advertisements

L’établissement du lien de filiation au sein de la famille homoparentale

1° Les zones claires

Pour les couples de femmes

Le recours à la PMA (autorisé depuis la loi sur le mariage homosexuel) : les 2 avis de la cour de cassation de 2014 ont levé toute incertitude quand au fait de savoir si le recours à une technique non autorisée en France empêche l’adoption : deux femmes mariées peuvent à présent adopter librement l’enfant de l’autre.

Le délai de 6 mois d’accueil de l’enfant ne s’applique pas en principe à l’enfant du conjoint donc la requête en adoption peut être déposée dès la naissance du bébé.

En outre elle peut être déposée lorsque le couple est séparé de fait mais non divorcé.

La réforme de l’article 353 entraine une pratique régulière de l’audition de l’enfant lors de l’adoption. A Paris il sera entendu à partir de 7 ans.

Pour les couples d’hommes : sujet de grand changement cette année

La GPA et ses suites (prévue aux articles 16-7 et 16-9 du Code civil doublé d’un volet répressif précis prévu par le code pénal) :

Depuis cette année, la Cour de cassation autorise l’adoption pour les couple d’hommes de l’enfant du conjoint si elle répond à l’intérêt de l’enfant. Ce dernier est primordial.

Pour rappel, le principe de territorialité du droit pénal empêche les poursuites pénales lorsque toute l’opération a été effectuée à l’étranger.

Si la mère porteuse est mentionnée sur l’acte de naissance de l’enfant, elle doit donner son consentement dans sa langue d’origine. On va s’assurer du respect des conditions prévues par le droit français.

Il est possible de n’avoir un acte qui ne mentionne que le père.

Il vaut mieux donc ne pas mentionner la mère porteuse sur l’acte car cela empêche l’adoption plénière.

Aux États-Unis, le couple doit être marié avant que la gestation n’est lieue.

La vérification d’opposabilité du jugement d’adoption étranger est toujours possible selon les conditions de l’article 354 du code civil.

2° Les zones obscures

Les femmes ayant recours seule ou en couple à la GPA à l’étranger.

Aucun effet ne peut être prêté à un acte de naissance mentionnant deux mères.

En outre la GPA entraine un risque majeur de contestation de la succession après le décès du parent intentionnel.

Enfin les accords de coparentalité sont également problématiques car difficilement reconnus.

 

Source : commission ouverte sur l’homoparentalité du 3 octobre 2017

Résumé de la conférence du 2 octobre 2017 : Quel office du juge en 2018 ?

Tout comme un malade ne saurait se soigner sans médecin, un justiciable ne saurait ester en justice sans l’assistance d’un avocat, et ceci quelle que soit l’importance matérielle de l’enjeu.

Une justice de qualité, rapide, efficace, simple et lisible n’implique-t-elle pas en réalité un mode procédural unique confié à des acteurs aux responsabilités clairement établies et assumées à chaque étape du procès ?

Peu à peu un nouveau métier d’avocat destiné à éviter le juge remplace l’ancien.

Mais l’avocat demeure toujours au centre du système judiciaire, et il doit s’adapter sans cesse aux nouvelles règles et outils.

Même si les justiciables ont toujours le reflex de la saisine du juge, le but est à présent de trouver d’autres moyens de résolution des conflits, notamment en multipliant le nombre d’actes que les avocats peuvent réaliser seuls.

L’acte d’avocat a été conçu dans ce but.

Nous n’avons pas le choix si nous ne voulons pas que la justice soit une variable entre des besoins toujours plus croissants et des moyens insuffisants.

Les nouveaux outils mis à la disposition des avocats deviendront indispensables à ces derniers s’ils s’en servent. Les textes viennent ainsi à leurs services.

 

Source : https://www.cnb.avocat.fr/fr/quel-office-du-juge-en-2018-plaidoyer-pour-un-juge-moins-souvent-mais-un-juge-plus-present

 

Innovative New International Family Law Arbitration Scheme Launched in Fiji

A new and innovative arbitration scheme has been launched today (4 September 2017) at the 16th Australian Family Lawyers Conference, held in Fiji.

Prof. Patrick Parkinson and David Hodson, two of the world’s leading international family lawyers, launched ‘The International Family Law Arbitration Scheme’ (IFLAS).  Designed to help international families it will avoid long and expensive forum litigation and will help couples work out where any family differences should be resolved by ascertaining with which country they have the closest connection.

Its website is now live: https://internationalfamilyarbitration.com  and has details of the initial arbitrators working in the Scheme and the digital forms for participants to start the process.

David Hodson co-founder of the Scheme explained:

This new initiative is exciting for two reasons.  By using arbitration, with an arbitrator from a country with which neither couple have any connection a couple can more quickly, more cheaply and more satisfactorily resolve differences. Secondly it’s fairer. Currently when a couple have connections with more than one country there can be a dispute about which country will resolve any differences.  This forum dispute is decided in, and by the law of, one of the two countries. This is perceived as an unfair advantage to one of the parties. This scheme produces a mutually satisfactory outcome.

IFLAS will use arbitration which is an out of court resolution system, sometimes known as private judging.  Arbitrators are trained to adjudicate and resolve disputes.  Many are retired or part-time judges.  All IFLAS arbitrators are experienced lawyers used to dealing with international family law disputes.

Amongst the benefits of using an arbitration scheme like IFLAS are; people can choose their preferred arbitrator for their dispute, it can be undertaken very quickly, it is flexible in the way the matter is conducted such as using digital technology instead of actual hearings, it is less adversarial approach and is completely private and confidential.

The criteria for arbitration is which country has the closest connection with the couple and the family.  This is similar to the law used in many countries around the world.  The arbitrator would consider all of the circumstances and the various connections.  The arbitrators have the benefit of research of a leading international family law firm on the forum laws across many countries in respect of closest connection.

Patrick Parkinson co-founder of the Scheme commented:

The use of an arbitrator from a third country is a key part of the Scheme.  At the moment, forum disputes are heavily skewed to whichever party is able to manoeuvre the forum dispute to be heard in their country.  Having a third country arbitrator is like having an umpire in a sports event who is not from either of the competing countries.  This is impossible under any national justice system, but for the first time is possible with IFLAS.

The Scheme will start up the arbitration including arranging an arbitrator as required and will result in an arbitration decision.  The parties would agree not to pursue any other court proceedings pending resolution of the arbitration and to abide by the outcome.  It is anticipated that national court schemes will adjourn proceedings whilst the forum arbitration is underway.

Crucial to the scheme is an online questionnaire, which parties can access on the IFLAS website, intended to elicit all the relevant facts for forum dispute.  Drawn up by leading practitioners, it will help the arbitrator resolve the closest connection.  By using digital technology to enhance the arbitration process, it will be quicker, cheaper and more open and transparent than present justice systems.

IFLAS has already attracted a number of senior lawyers including retired and part-time judges who are willing to be arbitrators under the Scheme.

For further details contact David Hodson on dh@davidhodson.com and Patrick Parkinson on patrick.parkinson@sydney.edu.au or for press enquiries contact madeleine.gordon@iflg.uk.com or +44 (0) 7837114133.

David Hodson OBE MICArb is an English solicitor, mediator, arbitrator, an Australian qualified solicitor and barrister and a part time deputy family court judge in London (DDJ at the CFC).  He is a co-founding partner of The International Family Law Group LLP, a specialist practice in Covent Garden, London, (www.iflg.uk.com) serving the interests of international families and their children.  He is editor and a primary author of The International Family Law Practice (Jordans 5th edition 2016), England’s leading textbook on international family law.  He is visiting Professor at the University of Law.  He was awarded the OBE for services to international family law.

Patrick Parkinson AM is a Professor of Law at the University of Sydney and the Immediate Past President of the International Society of Family Law. He is admitted to practice in Australia as a solicitor and is also a qualified mediator and arbitrator. He is the author of numerous books including Australian Family Law in Context (6th ed, 2015), Tradition and Change in Australian Law (5th ed, 2013), Family Law and the Indissolubility of Parenthood (2011), The Voice of a Child in Family Law Disputes (with Judy Cashmore, 2008).

Madeleine Gordon

The International Family Law Group LLP

www.iflg.uk.com

 

Source

Talaq divorce ruled illegal and unconstitutional in India by India’s Supreme Court / Le divorce Talaq jugé illégal et inconstitutionnel en Inde par la Cour suprême de l’Inde

India is one of only a few countries where a Muslim man can divorce his wife in minutes by just saying to her three times…… “I divorce you, I divorce you, I divorce you” – sometimes even by social media or text.

The cases in India were filed by five Muslim women who had been divorced in this way and two rights groups. A 3-2 majority verdict in the Indian Supreme Court called the practice “un-Islamic”.

The Indian Parliament is also being lobbied to legislate on the issue to make the practice illegal in India (as it already now is in Bangladesh and Pakistan).

A fuller report can be seen in the BBC website

It is extremely relevant for many couples to ascertain whether their marriages and divorces are recognised (in both the  country where they married but also any other country where they might later separate). The ramifications of not confirming your marital status can otherwise have extremely severe consequences on your legal rights. iFLG can help with such enquiries and have produced an iGuide about this.

/

L’Inde est l’un des seuls pays où un homme musulman peut divorcer de sa femme en quelques minutes en lui disant trois fois … “Je divorce avec toi, je divorce avec toi, je divorce avec toi” – parfois même par les médias sociaux ou un texto.

Les affaires en Inde ont été portées par cinq femmes musulmanes qui avaient été divorcées de cette façon et deux groupes de défense des droits des femmes. Un verdict de majorité 3-2 dans la Cour suprême indienne a qualifié la pratique “non-islamique”.

Le Parlement indien est également chargé de légiférer sur la question pour rendre illégale la pratique en Inde (comme c’est déjà le cas au Bangladesh et au Pakistan).

Un rapport plus complet peut être consulté sur le site Web de la BBC

C’est extrêmement important pour de nombreux couples de vérifier si leurs mariages et divorces sont reconnus (dans le pays où ils se sont mariés, mais aussi dans tout autre pays où ils pourraient ensuite se séparer). Les ramifications de ne pas confirmer votre état civil peuvent avoir des conséquences extrêmement graves sur vos droits légaux. iFLG peut aider ces recherches et avoir produit un iGuide à ce sujet.

Source : 

Spanish abduction case receives huge media attention

A parental child abduction case has caused a social media frenzy in Spain. The Spanish mother, Juana Rivas wrongfully removed the children aged 3 and 11 in May 2016 from their home in Italy where they lived together with her partner, the children’s father. She is now refusing to return the children following a Return Order made by the Spanish court, citing fears that she and the children will be exposed to domestic violence in the event they return to Italy.

It is understood that the father issued an application under the 1980 Hague Convention for the summary return of the children to Italy following their removal. The 1980 Hague Convention is an international convention (treaty) involving over 95 countries.  Its purpose is to secure the speedy return of abducted children.

The mother made a number of allegations of domestic violence against the father and it is has been reported that the father has a conviction for domestic violence from 2009.  However the Spanish court decided the children should return to Italy, on the basis (among other factors) of the eldest child having shown no indication of not wanting to see his father following a psychiatric evaluation.

The mother appealed the decision but her application was refused. The Court of Appeal in Spain ordered the mother to hand over the children on 26 July at an agreed location. However the mother did not turn up and it is understood that she has since gone into hiding with the children. According to www.thinkspain.com, when asked about the whereabouts of the family, the mother’s solicitor confirmed publicly that her client had vanished and that she was and was ‘unaware of what she planned to do with the children’.

The Spanish court has now ordered both parties to attend a further hearing on 8 August in order to decide how to proceed. It is unknown what the action the Spanish court will now take, however on similar facts, it is likely that the English courts would make a Collection Order in the event the mother continued to refuse to return the children to Italy. A Collection Order is used in situations where the child’s whereabouts are known but the respondent will not return the child to the applicant in breach of an order to do so.  Often the Tipstaff will collect the child and place him or her in the care of the applicant or the local authority.

This case has had huge media attention in Spain with the country overwhelmingly supporting the mother and events including mass demonstrations which have kept the story in the headlines for sometime. It has been reported by The New India Express that citizens of Spain have taken to Twitter to pledge their support with the hashtags #Juanaestaenmicasa (Juana is in my house) or #YoSoyJuana (I am Juana). A petition launched on Change.org in December 2016 has garnered more than 208,000 signatures. It is understood that even the prime minister of Spain has come out in support of the mother’s difficulties.

On the facts this is an unremarkable case, however what is interesting is how the mother’s plight, and allegations of domestic violence have become the main focus in the Spanish media. It is important to note that a parent is not permitted to make a unilateral decision to relocate with their child without the other parent’s consent even in the event they are victims of domestic violence at the hands of the other parent. Furthermore within 1980 Hague Convention proceedings the courts should not make welfare decisions but simply decide whether or not the child should be returned to the home country.

Often in these types of proceedings within the English courts, any concerns about domestic violence and the risk posed by the left behind parent are normally overcome by suitable protective measures. Such cases seldom concern the media, demonstrating the very different attitudes Spain and England and Wales hold in respect of domestic violence in Hague Convention abduction proceedings.

 

Source : http://www.iflg.uk.com/blog/spanish-abduction-case-receives-huge-media-attention

L’exécution provisoire en droit de la famille

Rappelons-le, l’exécution d’une décision frappée d’appel est en principe suspendue pendant la durée de l’appel.

L’exécution provisoire permet à la partie qui a obtenu gain de cause de poursuivre l’exécution du jugement rendu contre son adversaire, malgré les recours que ce dernier aurait engagés.

L’exécution provisoire peut être de droit dans certaines affaires, en vertu d’une disposition légale. Elle peut aussi être prononcée dans les autres cas par le juge lorsqu’il l’estime nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire.

Il s’agira ici de s’attacher plus particulièrement à l’exécution provisoire en droit de famille, où cette dernière y rencontre un champ d’application de plein droit privilégié et étendu (I), susceptible néanmoins d’arrêt ou encore d’aménagement par le juge (II).

I – Le champ d’application de l’exécution provisoire de droit en droit de la famille

L’article 514 alinéa 1er du Code de procédure civile indique que « l’exécution provisoire ne peut pas être poursuivie sans avoir été ordonnée si ce n’est pour les décisions qui en bénéficient de plein droit. »

Quelles sont donc les décisions qui bénéficient de plein droit de cette exécution provisoire ?

C’est assurément en droit de la famille que ces dernières sont les plus nombreuses.

Ainsi, aux termes de l’article 514 alinéa 2 du Code de procédure civile, « sont notamment exécutoires de droit à titre provisoire les décisions qui prescrivent des mesures provisoires pour le cours de l’instance ».

On pensera donc ici naturellement aux ordonnances de non-conciliation, par lesquelles le juge, « lorsqu’il constate, après avoir entendu chacun des époux sur le principe de la rupture, que le demandeur maintient sa demande, (…) peut soit renvoyer les parties à une nouvelle tentative de conciliation, soit autoriser immédiatement les époux à introduire l’instance en divorce. Dans l’un et l’autre cas, il peut ordonner tout ou partie des mesures provisoires prévues aux articles 254 à 257 du code civil. » (Article 1111 du code de procédure civile).

L’ordonnance de non-conciliation marque, rappelons-le, la première étape d’un divorce de type contentieux, dans lequel les parties n’ont pu s’accorder tant sur le principe que sur l’ensemble des conséquences.

La Cour de cassation a ainsi pu rappeler que « les mesures provisoires prescrites, pour le cours de l’instance, par l’ordonnance de non-conciliation sont exécutoires de plein droit » (Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 19 février 1997, 95-13.945, Publié au bulletin), comme l’indique aussi très clairement l’article 1074-1 du Code civil qui assortit de l’exécution provisoire toutes les mesures prononcés en application de l’article 255 du Code civil, article listant les prérogatives du juge lors de la conciliation.

L’instance en divorce pouvant être occasionnellement très longue, les mesures provisoires ont parfois vocation à être modifiées par le juge avant le prononcé du divorce.

Aussi, et tel que l’a rappelé la Cour de cassation : « l‘exécution provisoire est attachée de plein droit aux décisions qui modifient la pension alimentaire allouée au titre des mesures provisoires » (Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 7 janvier 1976, 74-13.487, Publié au bulletin).

Ceci se comprend au vu de la finalité de telles mesures, lesquelles sont « nécessaires pour assurer l’existence des époux et celle des enfants jusqu’à la date à laquelle le jugement passe en force de chose jugée » (article 254 du Code civil) ou encore visent à « la garantie des droits d’un époux » (article 257 du même code).

Afin d’assurer une continuité, le jugement final de divorce ne sera pas entièrement assorti de l’exécution provisoire mais pourra comporter lui-aussi certaines dispositions applicables provisoirement.

Ainsi, au terme de l’article 1074-1 du Code de procédure civile, toutes « les mesures portant sur l’exercice de l’autorité parentale, la pension alimentaire, la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant et la contribution aux charges du mariage (…) » sont applicables en dépit de l’introduction d’un recours.

Ceci est vrai tant pour l’appel que pour la cassation qui exceptionnellement est en principe suspensif en matière de divorce. Ainsi « l’effet suspensif qui s’attache au pourvoi en cassation ainsi qu’à son délai ne s’applique pas aux dispositions de la décision ou de la convention homologuée qui concernent les pensions, la contribution à l’entretien et l’éducation de l’enfant et l’exercice de l’autorité parentale » (article 1087 du code de procédure civile).

Les décisions du juge aux affaires familiales prises en dehors de tout divorce ou après un divorce sont bien évidemment elles-aussi concernées par cette liste.

Cela a notamment été souligné par la Cour d’appel de Poitiers le 9 mars dernier (Cour d’appel de Poitiers, 9 mars 2017, 17/00013) en matière d’autorité parentale, ou encore par la Cour de Cassation le 5 septembre 2001 (Cour de Cassation, Chambre criminelle, du 5 septembre 2001, 01-82.707, Inédit) au visa de l’article 1069-5 du code de procédure civile en matière de contribution aux charges du mariage.

Vulgairement, les questions « de garde » ou d’aliments seront donc toujours assorties de droit de l’exécution provisoire.

Il s’agit en effet toujours de protéger au mieux les conjoints et les enfants, en assortissant les décisions qui ont trait à ces derniers d’une certaine instantanéité et pérennité.

Le juge n’a donc pas besoin de le rappeler dans sa décision.

Soulignons que pour toutes les autres questions, le juge peut décider d’assortir sa décision ou une partie de celle-ci à l’exécution provisoire lorsqu’il l’estime nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire.

La seule grosse exception notable concerne la prestation compensatoire fixée par la décision qui prononce le divorce. L’article 1079 du code de procédure civile alinéa 1er dispose en effet que « la prestation compensatoire ne peut être assortie de l’exécution provisoire. »

On comprend donc de cette disposition que non seulement l’exécution provisoire n’est pas de droit mais que celle-ci ne pourrait pas non plus être ordonnée par le juge.

La Cour de cassation a rappelé ce principe en cassant et en annulant l’arrêt d’appel ayant condamné l’époux à payer à sa femme une prestation compensatoire, avec exécution provisoire (Cour de cassation, Chambre civile 2, du 27 janvier 1988, 86-16.516, Inédit ou encore Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 15 novembre 2001, 00-11.840, Inédit).

Attention néanmoins à bien distinguer la condamnation au paiement d’une prestation compensatoire classique de celle au paiement d’une prestation compensatoire provisionnelle laquelle est « par nature une mesure provisoire, exécutoire de droit en application de l’article 514, alinéa 2, du code de procédure civile » (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 28 mai 2008, 07-14.232, Publié au bulletin).

Attention également à l’exception de l’exception car la prestation compensatoire peut toujours être assortie « en tout ou partie » de l’exécution provisoire, « lorsque l’absence d’exécution aurait des conséquences manifestement excessives pour le créancier en cas de recours sur la prestation compensatoire alors que le prononcé du divorce a acquis force de chose jugée. » (Alinéa 2 de l’article 1079).

« Cette exécution provisoire ne prend effet qu’au jour où le prononcé du divorce a acquis force de chose jugée » (alinéa 3), soit uniquement lorsqu’il n’est plus susceptible d’aucun recours suspensif d’exécution (Civ. 1re, 31 mars 2010, F-P+B+I, n° 09-12.770).

Au regard de la longueur des procédures d’appel dans certaines juridictions, les conséquences manifestement excessives pourraient être facilement caractérisées de sorte que l’exception serait toute relative.

On le voit, l’exécution provisoire trouve donc dans le droit de la famille matière privilégiée pour son application, les intérêts des conjoints, et plus particulièrement de leurs enfants étant directement et immédiatement mis en jeu. Ces derniers ne sauraient souffrir de lenteurs procédurales ou encore de manœuvres dilatoires par les parties. Aussi il apparait nécessaire de leur offrir une garantie légale d’exécution rapide.

La réalité matérielle de la partie défaillante devant cependant pouvoir être prise en compte, il reste toujours possible de demander l’arrêt ou encore l’aménagement de l’exécution provisoire.

 

II – Les modalités d’arrêt ou d’aménagement de l’exécution provisoire de plein droit

En principe, l’exécution provisoire de droit ne peut être arrêtée en cas d’appel.

Ce principe souffre cependant d’une exception, telle que posée aux termes de l’article 524 alinéa 4 du code de procédure civile : « le premier président peut arrêter l’exécution provisoire de droit en cas de violation manifeste du principe du contradictoire ou de l’article 12 et lorsque l’exécution risque d’entraîner des conséquences manifestement excessives. »

Ainsi, lorsque l’exécution provisoire de la décision en cause est de droit, la demande de suspension doit répondre à deux exigences cumulatives, à savoir :

  • Le non-respect du contradictoire ou de l’article 12 du code de procédure civile ET
  • La présence de conséquences manifestement excessives.

C’est par exemple ce qu’a pu rappeler la Cour d’appel de Paris dans une affaire dont le cabinet avait la charge de défendre la mère dans une affaire dans laquelle le juge aux affaires familiales avait autorisé le transfert de la résidence habituelle avec la mère d’une enfant de 3 ans et demi de la Tunisie vers la Malaisie dans une ordonnance du 12 décembre 2016 (RG 16/23128, Pôle 3, Chambre 2),: « les conditions posées par ce texte sont cumulatives et si l’une fait défaut, il ne peut être fait droit à la demande. »

S’agissant de la violation du contradictoire ou de l’article 12 du Code de procédure civile, il doit en être fait état dans l’assignation, sous peine de rendre tout simplement irrecevable la demande de suspension. Ainsi, l’appelant (N.B : La demande tendant à l’arrêt de l’exécution provisoire ou au sursis à l’exécution est subordonnée à l’existence d’un appel préalable) doit démontrer que la décision à laquelle l’exécution provisoire est attachée n’a pas été prise après un débat contradictoire.

Si les deux parties étaient présentes à l’audience et assistées de leurs conseils respectifs, lesquels se sont échangés pièces et conclusions avant l’audience, il n’y a donc aucune chance d’obtenir une suspension d’exécution provisoire.

S’agissant des conséquences manifestement excessives, il est de jurisprudence constante qu’elles doivent être appréciées strictement.

En tout état de cause, il convient de rappeler que le Premier Président saisi d’une demande de suspension d’exécution provisoire n’a pas compétence pour apprécier la régularité ou le bien-fondé de la décision dont la suspension est sollicitée (Civ 2, 6 décembre 2007, Bull. civ II, n°262). Pareillement, l’erreur d’interprétation d’une règle de droit par le juge ne doit pas faire obstacle à l’exécution provisoire (Soc., 18 décembre 2007, Arrêt n° 2734, N°06-44.548).

Rappelons enfin qu’il ressort de l’articulation des articles 1083 et 1074-1 du Code de procédure civile que le Premier Président ne peut arrêter l’exécution provisoire des mesures accessoires exécutoires par provision sur le fondement de l’article 524 (Cour de Cassation, Chambre civile 2, du 28 janvier 1998, 96-19.799, Publié au bulletin). En cas de survenance d’un fait nouveau, le Premier président ou le conseiller de la mise en état s’il est saisi peut en revanche modifier ces mesures.

Au surplus, il sera rappelé que le Premier Président a également la faculté d’aménager l’exécution provisoire, en imposant par exemple la constitution d’une garantie par la partie victorieuse en première instance.

Cet aménagement n’est pas conditionné à la preuve de conséquences manifestement excessives (CA de Douai, Ordonnance de référé du 3 juin 2010).

Il est vrai que cette faculté a un champ d’application limitée en droit de la famille. On peut toutefois imaginer, en cas par exemple d’autorisation de déménager avec l’enfant à l’étranger, que le juge subordonne l’exécution au dépôt d’une somme d’argent suffisamment conséquente pour couvrir une éventuelle procédure dans le pays en question pour y faire exécuter la future décision française rendue par la Cour d’appel.

 

Finalement, on peut constater que l’exécution provisoire de droit a un champ d’application privilégié en droit de la famille et que l’arrêt de cette exécution est extrêmement difficile, tandis que les délais de traitement s’allongent de façon alarmante dans toutes les Cours d’appel. On peut ainsi réellement s’interroger sur l’opportunité de l’appel en droit de la famille. Heureusement, l’article 905 du Code de procédure civile ou encore l’assignation à jour fixe permettent d’écourter ces délais et de donner encore du sens à la justice d’appel. Encore faut-il que l’urgence soit suffisamment caractérisée.

 

Par Maître Noémie HOUCHET-TRAN, Avocat à la Cour, et Claire Roussel, Élève-avocate chez Me Noémie Houchet-Tran

 

Sources :

  • Bulletin d’information de la Cour de cassation du 15 février 2007 : La juridiction du premier président au regard de l’arrêt de l’exécution provisoire et du sursis à l’exécution
  • Dictionnaire du droit privé de Serge Braudo