Position ferme de la CEDH quant à l’annulation d’une adoption des années après son homologation / ECHR firm position on the annulment of an adoption years after its approval

Dans son arrêt Z. c/ Roumanie, rendu le 24 mars 2015 (CEDH, 24 mars 2015, n° 44958/05, Z. c/ Roumanie), la Cour Européenne des Droits de l’Homme a considéré que l’annulation d’une adoption 31 ans après son homologation, à l’occasion d’une succession, violait l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et l’article 1 du Protocole n° 1.

En l’espèce, la requérante, Mme Z., était une ressortissante roumaine née en 1955, adoptée en 1972 à l’âge de 17 ans par la femme avec laquelle elle habitait depuis huit ans. Cette dernière avait également adopté une autre fille, H.M. Après le décès de leur mère adoptive en 1986, les sœurs ont conjointement hérité de dix hectares de forêt. Mme Z. a formé une action en partition du terrain entre elle et sa sœur. Alors que la procédure était en cours, H.M. a demandé l’annulation de l’adoption de Mme Z., affirmant que cette dernière n’avait consenti à l’adoption que pour obtenir des droits dans la succession.

Aussi, le 7 décembre 2004, l’adoption de Mme Z. était annulée au motif que cette procédure n’avait eu pour seul but que de servir les intérêts patrimoniaux de la mère adoptive et de la fille adoptée. La cour d’appel de Suceava avait par la suite confirmé le jugement par une décision du 15 avril 2005.

Saisie pour la première fois de l’annulation d’une décision d’adoption, alors que le parent adoptif était décédé et que l’enfant adopté avait depuis longtemps atteint l’âge de la majorité, la CEDH a jugé qu’une mesure aussi radicale que l’annulation d’une adoption devait être fondée sur des motifs pertinents et suffisants. Or la décision d’annulation en l’espèce était vague et non motivée, et donc “l’ingérence dans la vie familiale de Mme Z n’était pas justifiée par des motifs pertinents et suffisants, en violation de l’article 8.”

En tout état de cause, la Cour a estimé que l’annulation d’une adoption ne devait pas être envisagée comme une mesure prise contre l’enfant adopté et a souligné que, dans les dispositions légales et les décisions en matière d’adoption, l’intérêt de l’enfant doit demeurer primordial.

 

In its judgment Z. c/Romania, rendered on March 24, 2015 (ECHR, 24 March 2015, No. 44958/05, Z. c/Romania), the European Court of Human Rights held that the annulment of an adoption 31 years after its approval, in the frame of a succession, violated Article 8 of the European Convention on Human Rights and Article 1 of Protocol No. 1.

In this case, the applicant, Ms Z., was a Romanian national who was born in 1955, adopted in 1972 at the age of 17 years by the woman with whom she lived for eight years. The latter had also adopted another daughter, HM. After the death of their adoptive mother in 1986, the sisters jointly inherited ten hectares of forest. Ms. Z. formed an action to partition the land between her and her sister. While the procedure was in progress, HM sought the annulment of the adoption of Mrs Z., claiming that the latter had consented to the adoption only in order to obtain rights in the estate.

Also, on 7 December 2004, the adoption of Mrs Z. was annulled on the grounds that this procedure had been intended only to serve the financial interests of the adoptive mother and adopted daughter. The Court of Appeal of Suceava subsequently upheld the judgment by its decision of April, 15th 2005.

Entering for the first time the annulment of an adoption order, while the adoptive parent died and the adopted child had long since reached the age of majority, the ECHR ruled that such a radical measure of annulment of an adoption should be based on relevant and sufficient reasons. But the annulment decision in this case was vague and unsubstantiated, and therefore “interference with Ms. Z family life was not justified by relevant and sufficient reasons, in violation of Article 8.”

In any event, the Court held that the annulment of an adoption should not be seen as a measure against the adopted child and emphasized that, under the legal provisions and decisions on adoption, the child’s interests must remain paramount.

Source : http://lexisnexis.fr/liens/depeches.html#top

Pour lire l’arrêt de la CEDH : http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=3&ved=0CC8QFjAC&url=http%3A%2F%2Fhudoc.echr.coe.int%2Fwebservices%2Fcontent%2Fpdf%2F003-5046216-6203581&ei=7AUZVY3AAo2UatrHgqAP&usg=AFQjCNF6CZJQslpDU_ekzut0ltsfBmGZcA&sig2=nBYJeBekzbgB8S86ARuoog&bvm=bv.89381419,d.d2s

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